Vous avez sans doute encore en mémoire le récent appel du Pape Léon XIV au stade de France face à 80 000 jeunes enthousiastes et recueillis : « Merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi, Vous êtes les saints de France »

            La jeunesse de France a besoin d’entendre et de graver dans sa mémoire et dans son cœur cet encouragement du souverain pontife pour être les saints d’aujourd’hui dont notre pays mais plus largement, notre continent et le monde a tant besoin.

             Et vous, frères et sœurs, avez-vous envie de devenir saint ou une sainte ? Un saint de la France du 21ème siècle ? Devenir des saints est une urgence absolue pour nous-mêmes mais aussi pour la France, pour l’Europe, pour le monde.

            Lorsque j’étais enfant, en 6ème et 5ème, chaque semaine, comme mes camarades du petit séminaire de Blois, j’allais voir mon « directeur spirituel ». – C’est ainsi que l’on appelait le prêtre qui suivait nos progrès  ! Á la fin du petit quart d’heure d’entretien passé avec lui, après m’être confessé, j’avais droit à une vie de saint en bandes dessinées. La consigne était de ne la lire que lorsque j’avais terminé mes devoirs en étude. Ce saint prêtre voulait certainement me donner des idées, des pistes pour devenir moi-même un saint ! Eh bien, figurez-vous que c’est l’effet inverse qui s’est produit à cette époque. Les Dominique Savio, Louis de Gonzague, Don Bosco, Thérèse d’Avila, et Thérèse de l’Enfant Jésus, Jeanne de Chantal et autres géants de la sainteté m’ont semblé si loin de ma vie d’enfant que la sainteté m’est longtemps apparue comme un idéal beaucoup trop haut pour moi. J’aimais lire leur vie et leurs exploits, je les admirais mais en même temps je les trouvais sur une étagère trop haute pour moi !

              Car pour être un saint, dans mon imaginaire de gosse, je pensais que l’on devait obligatoirement avoir fait des choses extraordinaires. Comment s’y prendre pour avoir son nom dans le catalogue très spécialisé de la sainteté ?  Alors… être un jour statufié, figé pour l’éternité dans une église glaciale de campagne n’était pas une perspective très réjouissante et à la portée de tout le monde. Donc dans ce domaine je n’avais aucune ambition. Trop haut, trop loin, trop difficile. Mais je ne me souviens pas m’en être ouvert très franchement à ce brave prêtre de peur de le décevoir ! Et pourtant je crois que cet homme était avec tout le poids de son humanité un « saint prêtre ». Je lui suis redevable de ce que je suis aujourd’hui ! Il n’aura sans doute jamais son nom dans le « who’s who » de la sainteté, ce catalogue officiel que l’on appelle martyrologe ! Et pourtant bien que n’étant pas dans le panthéon officiel des saints reconnus, estampillés, catalogués, il fait partie de cette foule immense des saints de tous les temps, de tous les pays. Il fait partie de ceux qui ont cherché et servi Dieu.

              Ce sont, « tous ces saints » là que nous fêtons aujourd’hui !

             Alors, un saint qu’est-ce que c’est.  Tout, sauf un modèle dont il nous faudrait imiter la vie dans les moindres détails…Un saint c’est un homme, une femme qui a vécu simplement les moments ordinaires de sa vie, parfois de manière extraordinaire… mais c’est surtout quelqu’un qui a lutté pour aimer et se laisser aimer. Un saint ce n’est donc ni un héros pour bandes dessinées, fussent-elles pieuses… ni un extra-terrestre déjà perché sur les premières marches du ciel… Un saint c’est quelqu’un qui vit l’instant présent que le Seigneur lui donne à vivre, parce qu’il sait intuitivement que c’est le seul lieu où il rencontrera son Dieu. A travers rires et larmes, à travers peines et joies.

             Je suis certain qu’en envisageant la sainteté sous cet angle, celle-ci ne parait plus aussi loin.  Réfléchissons quelques instants, nous connaissons tous au moins une, deux, trois ou plus, de personnes que nous canoniserions tout de suite si l’on nous demandait notre avis. Dans notre entourage il y a des hommes, des femmes, une grand-mère, un grand oncle, une vieille amie qui, déjà passé sur l’autre rive, sont pour nous des modèles. Ils n’ont rien fait d’extraordinaire. Ils ont simplement passés toute leur vie à essayer d’aimer le Bon Dieu. Ils avaient leur caractère, leurs défauts qui parfois les faisaient souffrir, mais ils ne se sont jamais découragés dans la lutte contre eux-mêmes pour laisser Dieu les transformer. C’est cela que l’on appelle le combat spirituel… ne baissons jamais les bras et entrons dans ce combat, puisque nous le savons Dieu combat avec nous  !

              Ceux que nous fêtons aujourd’hui , c’est la foule immense d’anonymes qui ont cherché Dieu toute leur vie. Ils l’ont cherché malgré leur péché. Ils ont essayé de le combattre.  Parfois, extérieurement ils donnaient l’impression de ne pas pouvoir en triompher.

             Frères et sœurs, nous avons le devoir d’être « des ambitieux ». Nous devons tous aspirer à la sainteté. Et pour cela nous avons un moyen très simple.  Nous le connaissons bien. L’Évangile. Si les copains de Brassens ne l’avaient pas lu. Nous, nous le lisons et l’entendons au moins une fois par semaine. Nous sommes invités   à faire mieux que de le lire ou de l’entendre ! Nous sommes invités à le vivre. Nous deviendrons j’en suis certain, plus que des bons copains, nous deviendrons des saints parce qu’ensemble nous nous stimulerons sur le chemin parfois ardu qui nous conduit dans la gloire de Dieu.

              C’est la bonne odeur d’Évangile qui fait d’un chrétien un saint. Voulez-vous être de ceux-là ? Oui alors continuez à vivre en essayant d’imiter le Seigneur Jésus !

Eglise Saint-Louis - Chambord