Peut-on imaginer les pensées de Dieu sans être iconoclaste ? Qu’Il me pardonne à l’avance mon audace je vais le faire parler durant cette homélie !
« J’ai tout essayé dit Dieu pour qu’ils sentent que je les ai créés par amour., Oui ! Je les aime. Ils ne veulent pas le comprendre. Ils veulent se passer de moi en se servant de l’intelligence que je leur ai donnée pour me renier et détruire ce que je leur ai donné. Leur intelligence n’est pas artificielle, Elle découle de la mienne puisqu’ils sont faits à mon image. Je les ai voulus libres comme moi. Libre d’aimer. »
Dieu est source de l’Amour. Dieu Trinité que nous célébrions dimanche dernier est foyer d’amour entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Cette Trinité bienheureuse n’a jamais renoncé, malgré nos renoncements, à nous aimer et à quémander en retour notre amour.
Libres et sans contrainte car s’il y a contrainte il n’y a plus d’amour ! Les prophètes ont essayé, poussé par Esprit d’enseigner la grande et unique Loi de Dieu :« Aimer ». Ils ont échoué ! Et pourtant ils y ont laissé leur vie.
Humble et effacé, Dieu décide de se faire homme, Jésus est d’abord embryon dans le sein d’une femme Marie, choisie entre toutes les femmes. « Ce ne sera pas facile mon fils » aurait pu dire Dieu. Mais c’était le seul moyen de nous expliquer jusqu’où va le véritable Amour.
Trente-trois ans plus tard Jésus retourne auprès de son Père dans la Lumière de la Vie qu’Il partageait avec Lui et l’Esprit Saint depuis toute éternité
Mais avant de repartir vers le ciel, et de vivre la passion, le Seigneur Jésus trouve le moyen unique d’être toujours avec nous. Il fallait effectivement être Dieu pour inventer ce moyen qui traverse le temps et l’espace. Puisque rien n’est impossible à Dieu il a décidé de se faire nourriture. Il l’a dit aux hommes qui l’entouraient, mais ils n’ont pas compris. Qu’est-ce que nous raconte celui-ci qui veut nous donner sa chair en nourriture ? Qui les blâmerait ? Comprenons-nous nous-mêmes ?
Jésus se souvenant que son Père avait nourrit les Hébreux dans le désert avec de la manne se dit : « Tout pouvoir m’a été donné par mon Père qui me communique la force de son Esprit, je sais donc ce que je vais faire. L’aliment de base c’est le pain, je vais me faire moi-même pain. La boisson qui réjouit le cœur des hommes c’est le vin, je vais me faire moi-même vin …Ainsi partageront-ils ma joie. La joie que mon Père partage avec moi et l’Esprit Saint. Je ne vais pas le faire uniquement pour les quelques fidèles qui sont mes disciples là maintenant en Palestine, mais pour tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps et de toutes les nations et je laisse à des pauvres hommes pécheurs le pouvoir de refaire le geste de la fraction du pain ».
Frères et sœurs, c’est cela l’Eucharistie. On comprend dès lors qu’il faut se préparer pour recevoir en soi dans son corps, dans son âme, Celui qui s’est fait un jour de notre temps corps et âme sans renier sa divinité.
Tout à l’heure, au creux de nos mains, un morceau de pain, ce sera Jésus-Christ venu partager notre vie.
Tout à l’heure au creux de nos vies nous recevrons Jésus-Christ venu partager son éternité. Alors il est bien normal que l’Eglise consacre une fête spéciale pour que nous nous souvenions jusqu’où est allé l’Amour de Dieu pour l’humanité.
Comment solenniser cette belle fête instituée au XIIIème par le pape Urbain IV à la suite d’une révélation d’un mystique allemande ? Ah, … nostalgie quand tu nous tiens ! Les plus anciens se souviennent certainement des processions de la Fête Dieu, d’antan !
Les enfants de chœur en soutanelles rouges, les petites filles en jupes plissées bleues et corsages blancs. Elles portaient des paniers remplis de pétales de rose qu’elles jetaient sur le parcours devant le dais du Saint Sacrement sous lequel monsieur le Curé portait l’ostensoir tandis que le peuple chrétien suivait, chantant plus ou moins juste « Le voici l’Agneau si doux, le vrai pain des anges ». La procession se terminait par le salut du saint sacrement ponctuée par le « Tantum Ergo »
C’était la Fête-Dieu. La fête du Corps et du Sang du Christ. C’était une époque, il n’y a pas à s’en moquer ! Elle a fait des saintes et des saints. Certains y reviennent et jugent que c’est le seul moyen de sauver la France de la déchristianisation. D’autres estiment complètement obsolète ce style de dévotion. Ils la jugent désuètes et connotées……
Il me semble que l’essentiel est ailleurs que dans ces querelles stériles entre les « pour et les contre les processions, les saluts du Saint Sacrement, les adorations » Faut-il parcourir les rues de nos villes et nos villages avec un ostensoir ? Peut-être si on ne se tape pas dessus et que la procession reste digne et loin de tout folklore revendicatif ! L’essentiel c’est que les chrétiens se convertissent et se laissent transformer par Jésus Eucharistie venu sauver l’humanité.
Tout à l’heure lorsque le célébrant élèvera l’hostie à la consécration, peut-être pourriez-vous dire dans votre cœur ce que l’ange du Portugal enseigna aux petits bergers : « “Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférence par lesquels Il est le plus offensé et par les mérites infinis de son Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous supplie de convertir les pécheurs”