Une fois n’est pas coutume, je ne fais pas d’homélie ce dimanche. Mardi 25 nous fêtions la Saint Louis dans le diocèse de Blois, Saint Louis, roi de France mort devant Tunis en 1270. Il a été canonisé en 1297. C’est le patron de notre diocèse ainsi que de notre église royale de Chambord. Alors j’ai eu envie de vous partager de larges extraits de la lettre testament qu’il adresse à son Fils Philippe III le Hardy. Il faut se mettre dans le contexte du 13ème siècle mais il y a des points sur lesquels nous pouvons réfléchir pour changer notre regard sur le monde, la société. Nous-mêmes !
Voici donc : « Chers fils, je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela rien ne peut valoir.
Tu dois te garder de toutes choses que tu penseras devoir lui déplaire et qui sont en ton pouvoir, et spécialement tu dois avoir cette volonté que tu ne fasses un péché mortel pour nulle chose qui puisse arriver, et qu’avant de faire un péché mortel avec connaissance tu souffrirais que l’on te coupe les jambes et les bras et que l’on t’enlève la vie par le plus cruel martyre »
Louis IX ne fait que redire à son fils ce que sa mère Blanche de Castille lui aurait dit à la mort de son père lorsqu’il accède au pouvoir à l’âge de 12 ans : « : elle lui aurait dit qu’elle l’aimait de tout son amour de mère, mais qu’elle préférerait le voir mort plutôt qu’entaché d’un péché mortel »
Le roi poursuit : « Si notre Seigneur t’envoie persécution, maladie ou autre souffrance, tu dois la supporter débonnairement, et tu dois l’en remercier et lui savoir bon gré, car il faut comprendre qu’il l’a fait pour ton bien. De plus, tu dois penser que tu as mérité ceci- et encore plus s’il le voulait- parce que tu l’as peu aimé et peu servi, et parce que tu as fait beaucoup de chose contre sa volonté. »
« Si notre Seigneur t’envoie prospérité, santé du corps ou autre chose, tu dois l’en remercier humblement, et puis prendre garde de cela qu’il ne t’arrive pas de malheur causé par l’orgueil ou par une autre faute, car c’est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.
« Chers fils je t’enseigne que tu dois entendre volontiers le service de la sainte Église, et quand tu seras à l‘église, garde-toi de perdre ton temps et de parler vaines paroles. Dis tes oraisons avec recueillements ou par bouche ou de pensée, et spécialement sois plus recueilli et plus attentif à l’oraison pendant que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ sera présent à la messe, et puis aussi pendant un petit moment avant.
« Chers fils je t’enseigne aies le cœur compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considéreras comme souffrants ou de cœur ou de corps ; et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d’aumônes. »
« Prends garde que tu sois si bon en toutes choses qu’il soit évident que tu reconnaisses les générosités et les honneurs de Notre Seigneur t’a fait de sorte que s’il plaisait à Notre Seigneur que tu aies l’honneur de gouverner le royaume, tu sois digne de recevoir l’onction avec laquelle les rois de France sont sacrés. »
« Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soins d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice. »
« Sois diligent de protéger dans tes domaines toutes sortes de gens, surtout les gens de la sainte Église ; défends qu’on ne leur fasse tort ni violence en leurs personnes en leurs biens ».
« Chers fils je t’enseigne que tu sois toujours dévoué à l’Église de Rome et à notre saint-père le pape, et lui portes respect et honneur comme tu le dois à ton père spirituel ».
« Mets grande peine à ce que les péchés soient supprimé en ta terre, c’est à dire les vilains serments et toute choses qui se fait ou se dit contre Dieu ou Notre Dame ou les saints : péchés de corps, jeux de dés, tavernes ou autres péchés. Fais abattre tout ceci en la terre sagement et en bonne manière. »
« Chers fils je te donne toute la bénédiction qu’un père peut et doit donner à son fils, et je prie Notre Seigneur Dieu Jésus Christ que par sa grande miséricorde et par les prières et par les mérites de sa bienheureuse mère, la Vierge Marie ,et des anges et des archanges, e tous les saints et toutes les saintes i te garde et te défende que tu ne fasses chose qui soit contre sa volonté et qu’il te donne grâce de faire sa volonté afin qu’il soit servi et honoré par toi ; et puisse-t-il accorder à toi et à moi, par sa grande générosité, qu’après cette mortelle vie nous puissions venir à lui pour la vie éternelle afin de le oir, aimer et louer sans fin. Amen»