Chambord 2026
« Montre-nous le Père ; cela nous suffit »
Enfin, Seigneur, on ne te demande pas grand-chose, juste une petite faveur, un petit coup de pouce pour renforcer notre foi. Montre-nous ton Père, montre nous Dieu, le Seigneur, le Créateur, ça nous ferait du bien ! Sois compréhensif, montre-nous le Père, cela nous suffit.
Eh bien ! regarde-moi, dit Jésus, qui me voit, voit le Père, puisque le père et moi c’est tout UN !
Thomas, Dydime, Jumeau…C’est un chercheur…Nous sommes comme le jumeau ou la jumelle de Thomas nous avons les mêmes réactions que lui et Jésus ce matin ne varie pas dans la réponse à la question que nous lui adressons
, « Dans la maison de mon Père il y a de nombreuses demeures »
C’est rassurant ! Eh oui, il arrive parfois que nous célébrions des obsèques et que nous connaissions la manière de vivre de celui ou celle que l’on conduit à sa dernière demeure. Il m’est arrivé personnellement de me dire, « si la justice de Dieu est calquée sur celle des hommes, la porte est grande ouverte pour lui sur les tournebroches de l’Enfer !
Alors on se rassure comme l’on peut avec cette Parole de l’Evangile. Ne sait-on jamais ! Elle permet d’espérer. Finalement c’est un acte de foi et d’espérance de ceux qui se disent que Dieu n’est peut-être pas si terrible que certaines homélies peuvent encore le laisser penser ! Oui c’est vrai Dieu ne juge pas selon nos critères humains. Seul Dieu est réellement humain ! Il nous a créés à son image. Donc qui voit un être humain voit Dieu., C’est vrai que trop souvent hélas l’image du créateur que nous sommes censés renvoyer à nos frères est quelque peu ternie ! On a du mal à voir à travers nos comportements, nos attitudes, le Dieu d’Amour, le Père de Jésus Christ.
Mais ce qui doit surtout retenir notre attention dans l’évangile que l’on vient d’entendre, c’est le dialogue entre Jésus et Thomas.
« Là où je vais vous y serez aussi. Pour aller où je vais vous savez le chemin. »
« Seigneur nous ne savons même pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Cette réflexion de Thomas est frappée au coin du bon sens ! Comment savoir où aller si on ne sait pas la destination… eh oui ! Thomas après trois années de formation intensive auprès de Jésus n’a toujours pas très bien réalisé que la Vie éternelle, c’est Jésus lui-même. Le Chemin il est là devant lui ! Il ne le voit pas et il lui crève les yeux …Ah comme c’est consolant pour nous de savoir que même un des Apôtres de Jésus a besoin d’être encouragé, réconforté, rassuré par Jésus en personne.
Parce que nous aussi nous avons besoin d’être encouragés, réconfortés et stimulés sur nos chemins de vie. Pour progresser dans notre vie de foi, dans la découverte de la Vérité, et parvenir par l’unique Vie il n’y a qu’un Chemin !
Trouvons des moyens simples, à la portée de tous. Je vous en propose un. Il a été conseillé par l’Abbé de Rancé, réformateur de la grande Trappe à la fin XVIIème siècle. Il a l’appelle cela la méthode des trois « ch. » … chercher – changer – chanter. Je les ai déjà indiqués lors d’une précédente homélie..
Chercher : le chrétien est un chercheur. Une antienne d’un psaume de vêpres dit :’ « Tu nous as cherché sans que nous te cherchions, mais tu nous as cherché pour que nous te trouvions » Dieu a l’initiative le premier. Il nous cherche tant que nous ne l’avons pas trouvé. Et comme Thomas ce n’est pas parce que l’on pense tout savoir sur Lui que nous le connaissons. Nous ne pourrions le trouver sans que Lui-même ne nous y incite. Dieu lui-même « cherche » celui qu’il a modelé de ses propres mains. Dans le Jardin du Paradis, Dieu dit « Adam où es-tu ? » Remplacez, Adam par votre prénom. Après chaque faute, chaque péché. Dieu nous dit : « où es-tu ? » Je suis là Seigneur, pas fier de moi, je suis honteux, je me cache parce que mon péché me met à nu !
Changer : Quand on découvre que Dieu n’est pas le Père fouettard que trop souvent on nous a présenté dans notre enfance, mais un Père qui nous aime tendrement, un Père et qui ne veut que notre bonheur, alors on change de comportement, on change d’attitude. Bref, on décide de prendre le bon Chemin, non pas un chemin quelconque, adapté à mes goûts, à mes forces. « Le Chemin », le seul, l’unique Jésus le Christ. Il est le Chemin de la conversion. Jésus nous fait parfois faire des virages à 180°. C’est le cas de Béatrice par exemple qui venait à l’aumônerie des étudiants à Clermont Ferrand dans le seul but de trouver un bon mari chrétien…Elle l’a trouvé ! À la fin de l’année universitaire elle partait dans une communauté religieuse disant j’ai découvert Jésus. C’est vrai, il a mis le « bazar » dans ma vie bien réglée mais il m’a fait changer de chemin pour mon plus grand bonheur !
Chanter : Une vie toute orientée vers Dieu ne peut que nous mettre le cœur en joie et nous inciter effectivement à chanter notre reconnaissance d’avoir un aussi bon Père. C’est pour notre plus grand bonheur que Dieu nous invite à ne pas quitter le Chemin et garder les yeux fixés sur son Fils Jésus. Alors chantons la gloire de Dieu. Le 28 avril nous célébrions la fête de Saint Louis Marie Grignon de Montfort. C’est lui qui disait « le Saint Esprit descend dans un cœur qui chante ». L’Esprit Saint ne rentrera pas par effraction dans notre cœur, mais si nous désirons l’y accueillir, chantons et il viendra !