Avec ce dimanche de Pâques nous poursuivons notre méditation sur notre avenir … une vie de ressuscité ! Cette vie nous fascine, et en même temps elle nous inquiète… car pour la découvrir il nous faut franchir des portes que l’on ne passe qu’une fois et toujours dans le même sens…Les EMI (expérience de mort imminente) ne sont pas un passage dans la vie éternelle. C’est juste un clin d’œil ! Pour vivre éternellement avec Jésus qui se présente aujourd’hui comme le Bon Berger, nous recevons tous à notre naissance « un aller simple » !
Familiarisons-nous donc avec cette vie dans laquelle nous sommes déjà entrés dès notre conception, Jésus dans cet évangile utilise des mots simples que tous nous pouvons comprendre : Jésus utilise cette image du Bon Pasteur pour que les pharisiens puissent comprendre. Nous sommes tous plus ou moins pharisiens, Jésus s’adresse donc à nous ce matin avec le même langage qu’il y a deux milles ans avec ses disciples. Alors, allons-nous essayer de comprendre ce message :
« Je suis le bon berger, mes brebis me connaissent »
On a quelques difficultés aujourd’hui à parler de berger, de pasteur, de troupeau dans notre univers de plus en plus bétonné… même à la campagne ! Des brebis, des moutons, des agneaux, nous n’en voyons plus guère et ceux que l’on découvre ici ou là, sont parqués dans des enclos sans personne pour les surveiller.
De temps à autre on en reparle encore un peu lorsque dans les alpages, le loup réintroduit en France il y a quelques années ravage les troupeaux qui précisément ne sont plus surveillés par un bon berger accompagné de ses chiens.
Nous disons parfois à juste titre que les évêques et les prêtres sont les pasteurs de la communauté. On parle d’ensemble pastoral, d’équipe d’animation pastorale, de conseil pastoral. Toutes ces appellations ont la même origine : Le berger, le pasteur…
Si le prêtre est appelé « père » c’est qu’il nous renvoie à l’unique Père de Jésus-Christ que nous prions avant la communion chaque dimanche tous ensembles. Le prêtre est indispensable à la vie de la communauté mais il n’est pas à lui seul la communauté ! Ce n’est pas un patron !
A l’exemple du Christ Pasteur, il a été institué, ordonné pour tenir la place du Seigneur Jésus seul et unique prêtre éternel. A l’exemple du Christ qui lui a demandé de le suivre, le prêtre doit donner sa vie pour les brebis qui lui ont été confiées. Sa préoccupation première doit être pour celles qui sont faibles et fatiguées. Sa préoccupation première doit être pour celles qui se sont éloignées du troupeau. Le prêtre n’est pas ordonné pour agir en gourou. Il n’est pas ordonné pour vitupérer et houspiller les chrétiens qui viennent à la messe le dimanche. Il n’est pas ordonné pour prendre des décisions tout seul sans s’entourer de l’avis des membres de sa communauté. Il n’est pas là non plus pour juger et mettre au pilori ceux qui ne traversent pas la vie en étant dans les clous des canons du code de droit canonique !
Jésus le Pasteur, le Bon Berger a donné sa vie pour ses brebis. Il ne leur demande qu’une seule chose pour demeurer éternellement avec lui : accueillir avec joie sa Parole transmise par ceux qu’il a envoyés dans le monde pour continuer son œuvre, les évêques, les prêtres, les diacres. Mais aussi les religieux et religieuses, les catéchistes, les acteurs de la vie de nos paroisses. Ils sont eux aussi à leur place les prolongements du bon pasteur.
Aujourd’hui peut-être plus qu’hier il est urgent d’écouter Dieu et de passer au crible de sa Parole les événements de notre monde déboussolé. Savoir écouter est le signe d’un amour authentique. On ne s’écoute plus, on s’invective lorsqu’il y a un léger désaccord. Pour combattre ce fléau, dans notre communauté catholique chambourdine, nous avons depuis juillet dernier, l’icône de saint Benoît. Nous lui avons déjà demandé d’avoir « « un cœur qui écoute » comme il le demande dans sa Règle. Nous le lui redemandons encore aujourd’hui. L’amour qui ouvre le cœur et le rend prêt à recevoir toutes les richesses de vie offertes par le Seigneur notre Dieu.
En ce 4ème dimanche de Pâques, nous prions pour les vocations. Sachons plonger dans notre cœur pour y redécouvrir l’appel que nous adresse le « Bon Pasteur ». Il ne s’agit pas seulement d’entendre la Parole. Il faut encore la laisser transformer nos vies. Il s’agit de suivre Jésus, de mettre nos pas dans les siens, de nous attacher de tout notre être à Celui qui nous aime et que nous voulons aimer.
La vie éternelle, c’est le don de Dieu à ceux et celles qui malgré leurs multiples faiblesses, malgré leurs nombreuses chutes, restent fidèles à la Parole. Depuis l’enfance, pour la plupart nous entendons l’Évangile, nous participons à la vie de l’Eglise, mais nous risquons de nous habituer, de ne plus être surpris par des textes familiers et de laisser glisser sur la surface de notre âme l’appel de Dieu. Aujourd’hui encore il nous fait signe, il nous invite à le suivre.
Frères et sœurs, nous sommes dans la main de Dieu. Une main paternelle et tendre qui essuie toute larme de nos yeux. Une main protectrice : jamais nous ne périrons, nous ne souffrirons plus de la faim, de la soif, de la douleur. Une main forte, puisque le Père est plus grand que tout. Personne ne peut nous arracher à sa main. Quelle formidable espérance !
Quand ce sera notre heure, Jésus le Bon Pasteur nous introduira dans l’enclos, c’est-à-dire dans le cœur du Père, dans son intimité. Quand bien même on détruirait notre corps, rien ni personne ne peut nous soustraire à l’Amour du Père du Fils et du Saint Esprit. Car de cet amour surgit la source vive, la communion parfaite du Père et du Fils : « le Père et moi, nous sommes UN ». Jean, le contemplatif, nous affirme que nous verrons Dieu tel qu’il est. Et notre Pasteur nous conduira au Père, source de toute vie pour que nous soyons semblables à Lui.
Déjà il nous en offre un avant-goût dans cette communion que nous faisons chaque dimanche en nous partageant son Pain et son Vin qui nous plonge dans la Vie éternelle.