« Un homme avait deux fils »

Pour un père ou une mère de famille, cette parabole est évocatrice. Elle commence exactement comme la Parabole de l’enfant prodigue, mais elle est par contre beaucoup plus courte. Elle nous parle du Père et nous hommes et femmes ses enfants mais d’un côté l’accent est mis sur la tendresse, la bonté, la miséricorde du Père, de l’autre, celle de ce 26ème dimanche ordinaire, l’accent est mis sur nos attitudes envers notre Père du ciel !

 De tout temps les uns et les autres nous avons fait l’expérience avec nos propres enfants de cette situation décrite par Jésus. Nos enfants ont des tempéraments, des caractères différents mais en principe ils reçoivent la même éducation !

Les parents non pas de difficulté à imaginer cette scène du père de famille… « Oui mon petit papa chéri » avec en prime un charmant sourire et parfois un bisou et l’enfant n’en fait qu’à sa tête.   « C’est toujours moi qui suis de corvée dans cette maison, j’en ai marre je ne veux pas », puis en bougonnant finalement fait tout ce qu’on lui demande Je caricature à peine. Vous pourriez n’est-ce pas donner des exemples similaires. Garçons ou filles. Avec le père ou la mère de famille. Il n’y pas d’exclusive !

Mais est-ce que nous-mêmes en tant que fils ou fille nous n’avons pas été vis-à-vis de nos propres parents dans des situations comparables ? Si bien sûr. Parfois en étant le bougon qui dit « non » et fait quand même. Parfois dans le rôle de l’enjôleur qui dit « oui » et en fin de compte n’en fait qu’à sa tête ?

En réalité, Jésus veut nous faire comprendre que dans le même homme, dans la même femme cohabite les deux enfants du même père ! Car vis-à-vis de Dieu nous sommes tantôt l’hypocrite qui dit oui et ne fait pas et tantôt le bougon qui dit non et fait tout de même.

Le prophète Ézéchiel, l’Apôtre saint Paul et Jésus sont sur la même longueur d’onde ! Ils nous disent que rien n’est jamais fait d’avance. Quelles que soient nos turpitudes passées, si lourdes soient nos fautes, si accablant soit notre péché, tout est toujours possible. On peut se refaire à neuf et repartir à nouveau. « Convertissez-vous et vous vivrez ». Et ce n’est pas la peine de remettre à demain… Il faut se décider maintenant !

Il y avait un chant au Renouveau Charismatique qui faisait fureur dans les années 70, car il exprimait bien que nous ne sommes jamais définitivement condamnés aux feux de l’enfer tant que nous avons sur cette terre la possibilité de nous convertir, de nous amender :« Tu peux tout recommencer et repartir à zéro avec Jésus pour Berger »  

Et cette conviction que Dieu, contrairement à nous, ne nous enferme jamais dans notre passé, a été pour beaucoup un message libérateur. Savoir avec certitude que Dieu a un cœur de Père débordant d’amour est un chemin d’une réelle conversion pour un très grand nombre de personnes. Notre avenir dépend en grande partie de nos choix de vie. Il n’est jamais complètement fermé, bouché.  Chaque jour, nous avons la possibilité de briser nos chaînes ou au contraire de nous en forger de nouvelles.

 Nous avons hélas la fâcheuse manie de voir la paille dans l’œil de nos frères. Nous les faisons passer devant notre tribunal personnel et les condamnons sans appel ! Nous ne croyons guère à la sincérité de celui qui semble se convertir et nous imaginons mal des gens honnêtes se dévoyer. Dieu, notre Père ne voit pas ainsi. Pour lui tout reste possible. Ceux qui répondent non à leur Père du ciel, et je suis de ceux-là à certaines heures, peuvent se convertir, dire « non », rechigner, mais finalement obéir quand même. Il faut apprendre à toujours dire « oui » à Dieu.

Mais c’est avant tout sur le second fils que l’accent est mis. Les belles paroles ne peuvent suffire. Un « oui » donné des lèvres seulement, et non suivi d’actes ne signifie rien.   « N’aimons pas seulement en paroles, mais en actes et en vérité », écrit saint Jean (1Jean 3, 18). Ou encore « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. » dit Jésus citant Isaïe (Matthieu15,8).

En ces temps de reprises de nos activités pastorales nous avons la possibilité de montrer concrètement à Dieu que nous voulons nous mettre résolument dans les pas du Seigneur Jésus son Fils. Nous sommes tous invités à aller travailler à sa vigne, c’est-à-dire concrètement à l’évangélisation de ce coin de Sologne où nous vivons tous les jours de l’année ou seulement le week-end. Sans « être préoccupés de nous-mêmes » comme le demande Paul aux Philippiens.

Et personnellement je vous adresse une prière ce dimanche matin, en reprenant les mots de Paul dans la seconde lecture que nous avons entendue et j’en suis certain bien assimilée !

« Soyez en communion dans l’Esprit Saint les uns avec les autres, …Ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité.  Ne soyez jamais intrigants, ni vantards ! »

Eglise Saint-Louis - Chambord