Chers amis, vous est-il déjà arrivé dans la prière de dire au Seigneur : « Je t’aime ! » Pas un je t’aime du bout des lèvres, un petit je t’aime que l’on dît en pensant à autre chose. Non un vrai « Je t’aime ». Comme celui que l’on ne dit qu’à celle ou à celui qui est venu chambouler votre cœur pour prendre une grande place dans votre vie si ce n’est toute la place. Jusqu’à ce que des enfants viennent demander un peu d’espace pour eux aussi.
Figurez-vous qu’il y a quelques années, j’ai réalisé subitement que cela ne m’était jamais arrivé ! Et pourtant j’étais diacre depuis quelques années, je pensais avoir donné à Dieu assez de preuves de mon engagement à son service. Mais je ne lui avais jamais dit « Je t’aime » En tous les cas le je t’aime d’un amoureux. J’avais l’impression que ma foi était solide parce qu’elle était le fruit de déductions et de raisonnements bien construits. Elle était l’aboutissement d’une recherche intellectuellement bien structurée. Autrement dit tout se passait dans la tête mais la communication avec le cœur n’était pas établie !
Je me souviens très bien du lieu et du moment de basculement. C’était chez les Clarisses à Chamalières auprès du tabernacle, juste après la communion, au moment de l’action de grâce. C’est très important l’action de grâce. Si on croit vraiment à la présence réelle, Jésus est là en nous et nous en Lui, physiquement, charnellement. On ne fait qu’un avec Lui. C’est le moment de faire silence et de l’écouter
On quitte toujours trop vite l’église, pressé de retourner vaquer à nos « futilités ». Oh pardon ! nos occupations…
Oui, il y a des irruptions du Seigneur dans votre vie que vous ne pouvez pas oublier.
Alors, la question que je voulais vous poser ce matin était celle-ci : « Frères et sœurs, aimez-vous Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ, qui ne cesse de nous envoyer son Esprit Saint ? » Le Lui avez-vous déjà dit dans le silence de votre cœur ? Un je t’aime qui engage. Un je t’aime du fond du cœur et non du bout des lèvres. Si ce n’est pas le cas, ne perdez pas de temps, il faut vous disposer à le faire le plus rapidement possible. C’est urgent. Ce n’est pas une question à mettre sous le coude pour l’envisager quand vous n’aurez pas grande chose à faire.
Vous avez entendu Saint Paul « Quand les hommes ou les femmes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » Et quel est le plus grand bien auquel nous aspirons tous. Être en Vie ! Être des vivants. Heureux de vivre. Heureux de partager cette vie avec ceux que nous aimons.
Or il me semble que nous passons le plus clair de notre temps à essayer d’avoir toujours plus. Nous, nous imaginons qu’en ayant plus de temps, plus d’argent, plus de confort, plus de terre sur lesquelles mettre notre nom, plus, plus, et encore plus… nous gonflerons notre vie d’importance. Folie que tout cela ! Dans cent ans, qui se souviendra du mal que nous nous sommes donnés pour augmenter notre patrimoine, pour nous faire un nom, pour être reconnu.
L’Évangile de Jésus nous invite à être lucide sur notre destinée et à ne pas nous leurrer. Chrétiens ne nous laissons pas abuser. La Vie que Notre Père du ciel veut pour nous, est éternelle. Elle est Paix et Joie dans l’Esprit Saint. Elle ne peut donc pas être faite de conflits, de « pousse toi là que je m’y mette », de bagarres incessantes pour avoir la première place. Voyez-vous, notre seul souci devrait être de nous tenir toujours plus présent à la présence de Celui qui en nous attend avec patience qu’enfin… nous le reconnaissions comme notre seul et unique bien.
Si je puis me permettre il s’agit pour nous qui voulons réellement mettre l’Évangile au cœur de notre vie de travailler à débarrasser notre cœur de tout ce qui l’encombre pour avoir plus d’amour à partager avec nos frères et sœurs. Ils sont le visage du Christ.
« Quand les hommes aiment Dieu » nous dit Saint Paul qui s’y connaît en amour de Dieu « Il les destine à être l’image de son Fils. » Saint Paul en le réalisant, en a un jour était totalement renversé. Sur le chemin de Damas, il en a été littéralement jeté à terre.
C’est cela la conversion. Une mise à terre. Si nous le permettons, l’Esprit Saint flanque par terre tout ce qui nous alourdi pour aller à la rencontre du Seigneur. C’est un renversement, un éblouissement, une prise de conscience. Frères et sœurs, la conversion n’est jamais quelque chose d’acquis une fois pour toute. Nous avons sans cesse à nous convertir pour l’aimer comme il mérite d’être aimé. Convertissons-nous !
Il ne s’agit pas de l’aimer dans un amour du style « Donnant, donnant » A ce petit jeu-là avec Lui nous risquons de ne pas être « gagnant-gagnant » mais « perdant–perdant » ! Non, il nous faut adopter l’attitude de Salomon. « Demande-moi ce que tu veux » lui dit le Seigneur. Et il ne demande rien d’autre qu’un cœur attentif, un cœur qui écoute. Pour pouvoir bien diriger, bien gouverner son peuple.
C’est l’attitude de Marie. Est-ce qu’elle a marchandé avec l’Ange Gabriel ? « Je veux bien accepter d’être la mère du Sauveur du monde, mais tu te rends compte quelle responsabilité ! J’accepte mais en échange… » Non, Marie toute imprégnée de Dieu dit simplement « qu’Il me soit fait selon Ta Parole. »
Ce matin dans notre belle église Saint Louis de Chambord, au cœur de notre été très chaud 2026 prenons le temps de dire, en nous mettant à l’ombre, « Je t’aime Seigneur, ma Vie est à Toi c’est Toi qui me l’as donnée. Je sais de certitude que tu ne veux que mon bonheur, comment dès lors me déroberai-je à ton Amour sans t’offenser ? »