Enfin une parabole facile à comprendre, Jésus n’en donne-t-il pas lui-même l’explication ? On ne peut donc pas faire d’erreur d’interprétation !  Pourtant cette parabole avec son commentaire comporte quelques aspérités. Avez-vous fait attention à cette sentence de Jésus : « Celui qui a, recevra encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a » C’est la suite de l’explication que Jésus lui-même en donne ! Cela ne vous pose aucune question ? A moi si ! Il m’a fallu du temps pour commencer à comprendre et je ne suis pas certain d’en avoir fait complètement le tour. Car enfin qu’est-ce que l’on peut bien nous retirer quand on n’a plus rien ?  On a envie de dire, Seigneur parle nous clairement. De quelles richesses serons-nous privés si nous n’avons rien en notre possession ? Eh bien chers amis, la seule, l’unique richesse nécessaire pour avoir la Vie du Royaume de Dieu est celle de l’Amour. Si nous refusons l’Amour de Dieu communiqué par sa Parole, par son Église, par ses sacrements, comment pourrions-nous prétendre avoir droit même à la dernière place dans le Royaume de Dieu ?

 Les disciples voulaient connaître les raisons pour lesquelles Jésus parle en paraboles. Faisons comme les disciples de Jésus et posons-lui la même question.

 Jésus justifie auprès de ses disciples sa pédagogie. Il parle en paraboles à la foule assemblée venue pour l’écouter afin de tenter de faire comprendre l’essentiel de la Bonne Nouvelle. Mais il donne à cette foule juste ce qu’elle est capable d’entendre. Les prophètes ont essayé avant Lui et n’y sont pas parvenus car ce peuple a la tête dure. Isaïe avait bien prophétisé : « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas, vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. » Jésus aura-t-il plus de chance avec nous ?

 Sommes-nous si différents de cette foule assemblée au bord du lac pour écouter Jésus ? Vous me direz, ils avaient Jésus sous la main, pour eux c’était plus facile ! Est-ce si certain ? Nous, nous avons vingt siècles de christianisme et d’interprétation des Ecritures. Nous avons tout le poids de la tradition de l’Eglise, et ce n’est pas rien. Où en sommes-nous donc dans l’ensemencement du terrain de notre cœur ?  Nous croyons, vous comme moi, connaître la parole de Dieu parce que nous l’écoutons le dimanche à la messe. Mais au fond est-ce suffisant pour qu’elle s’enracine dans la terre de notre cœur ? 

Je vais illustrer cette parabole par une attitude humaine bien connue. On n’apprécie ce que l’on a quotidiennement sous les yeux que lorsque l’on en est privé. Nous habitons une belle région touristique. Le Centre de la France, mais plus particulièrement la Sologne, la Vallée du Cher, les bords de Loire sont des sites connus du monde entier (enfin presque !). Mais, mis à part quelques passionnés d’architecture, nous les autochtones, nous passons très souvent devant des joyaux de l’art roman ou de l’art gothique sans remarquer un encorbellement, une frise à copeaux, un modillon. Nous avons en permanence sous les yeux ce que de nombreux touristes font des milliers de kilomètres pour découvrir et s’émerveiller. Nous regardons sans voir…. Oui je connais, le Château de Blois, l’église abbatiale saint Nicolas, la Madeleine à Vendôme, je connais le château de Chambord, je le vois tous les jours, j’habite tout près pourrons me dire certains ! Mais on a beau être né dans le Loir et Cher y avoir toujours vécu, vous n’en aurez jamais fini de découvrir ses monuments façonnés par le génie de l’homme. Car ils ne sont pas simplement faits de belles pierres, ils sont également faits de chair et de sang, de relations humaines qui leur donnent toutes leurs richesses et leur beauté. Ce ne sont pas simplement un patrimoine architectural. Ce sont des monuments érigés par des hommes et des femmes qui en sont l’âme.

Pour la Parole de Dieu c’est la même chose. Que de fois j’ai dit et j’ai entendu dire après la lecture d’un texte évangélique : « Oui je connais ». Quelle prétention !

 Nous ne connaîtrons jamais totalement la profondeur de cette parole décapante qui, lorsqu’on se laisse façonner par elle, nous entraîne sur des chemins que nous n’aurions pas spontanément choisis. Et par expérience, je vous assure que prêcher sur certains textes n’est pas toujours facile si l’on ne veut pas faire de vague… Mais les chemins, que Dieu nous indique, conduisent au bonheur. A la Vie. A la joie. Même si pour encore un peu de temps il nous faut traverser des épreuves et vivre en contradiction avec la vie du monde.

Frères et sœurs ce matin nous sommes invités à enraciner toujours plus notre vie dans la Parole. Elle est le lieu de la présence de Dieu.  Là aussi nous pouvons venir l’adorer.

Vous savez, lorsque nous venons à la messe dominicale, le temps de la Parole n’est pas moins important que la suite.

 Faut-il le rappeler Dieu Père-Fils et Esprit est présent dans l’assemblée que nous formons. Nous sommes tous Temple de l’Esprit de Dieu,

 Il est présent dans le Pain et le Vin après la consécration,

 Il est présent dans ses ministres ordonnés, il est présent dans sa Parole.

Le croyez-vous ?

Cette semaine, demandons ensemble les uns pour les autres de prendre conscience de ces divers aspects de la présence de Dieu au milieu de nous. C’est ainsi que le cœur de chacun de nous deviendra un jardin magnifique où Dieu aimera venir se reposer.

Eglise Saint-Louis - Chambord