« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est au cieux »
Voilà qui a le mérite d’être clair ! La question qui en découle me semble-t-il est tout aussi clair : « Pour qui êtes-vous ? Pour suivre les dernières modes mondaines ou pour la fidélité à l’esprit de l’évangile ? Posons-nous les bonnes questions… Mon comportement, mes choix, ma manière de vivre affichent -ils sans ambiguïté à la face du monde qui m’entoure l’identité de Celui que je veux suivre ? » Jésus ne nous prend pas en traitre. Il nous laisse libre d’arborer la bannière que nous choisissons. Il nous montre les conséquences de notre choix. D’un côté la vie éternelle avec lui dans la gloire du ciel, de l’autre les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et grincements de dents…Choisissons donc la Vie !
Nous constatons aujourd’hui un accroissement du nombre des catéchumènes, des personnes qui demandent le baptême, la confirmation, – cette année par exemple dans notre diocèse 80 adultes ont été confirmés – c’est un frémissement, ce n’est pas encore le débarquement… Les personnes de ma génération sont désorientées parce qu’après le Concile on nous a seriné qu’il fallait vivre l’enfouissement, ne pas se faire remarquer. Ne pas dire que nous étions pour le Christ. Devant l’hostilité des anticléricaux il fallait faire le dos rond ! Je me pose la question, est-ce qu’il n’y avait pas un peu la crainte d’être moqué, vilipendé, accusé d’obscurantisme et de je ne sais quoi encore ?
On a vu les résultats !
« Ne craignez pas » nous dit Jésus ce matin dans l’évangile de ce dimanche. « N’ayez pas peur » disait régulièrement le Pape Jean-Paul II en ajoutant « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice » ! « N’ayez pas peur ! Le verbe est à l’impératif, ce n’est donc pas un vague souhait, c’est une injonction. Plus trivialement je vous dis ce matin à ma manière : « Ne soyez pas trouillards ». Oui ne soyons pas des poltrons et sortons de nos sacristies pour annoncer que Jésus le Christ le Fils du Dieu Vivant est venu pour nous sauver tous. Même ceux que nous aurions spontanément envie d’expédier au fin fond de l’Enfer ! Parce qu’ils ne partagent pas nos opinions politiques, parce qu’ils ont une autre culture ou autre manière de vivre.
Il est possible que nous fassions nôtres les plaintes du prophète Jérémie que nous venons d’entendre dans la première lecture de ce dimanche. Je les actualise en les transposant dans le langage du 21ème siècle après Jésus-Christ…: « Dénoncez-le, c’est un catho, c’est un facho ! » Entendu dans mon entourage ! « Et peut-être que parmi mes amis il y en a qui disent : « il va se laisser séduire » c’est un réac, il a fait le pèlerinage de Chartres, pensez donc faisons en sorte qu’il tombe dans nos filets ! » Vous avez certainement entendu ce genre d’apostrophe comme moi, peut-être les avez-vous lancées à la cantonade… devant un public goguenard qui approuvait
Mais, mes chers amis, que craignons-nous en affirmant que nous sommes disciples de Jésus Christ ? Si nous sommes là ce matin quelque soit notre âge, notre milieu social, nos conditions de vie, c’est que nous avons été attirés un jour par Dieu et que nous avons décidés de le suivre. Alors les détracteurs des catholiques peuvent bien lancer leurs diatribes sur nous, nous resterons fidèles. Et les expressions de notre foi peuvent avoir plusieurs couleurs, elles concourent toutes à nous mettre à la suite du Seigneur Jésus.
Au Nigéria, au Soudan, mais aussi en Iran, au Nicaragua pour ne citer que ces pays, il y a des chrétiens qui sont martyrisés pour leur foi. Ils restent fidèles jusqu’au bout. L’Église est née du côté ouvert du Christ en croix. Elle a poursuivi sa croissance malgré le supplice d’une multitude de martyrs. Ils n’ont pas craint ceux qui ont détruit leur corps sachant qu’ils n’avaient aucun pouvoir sur leur âme !
Et nous qui craignons-nous ? De qui, de quoi avons-nous peur ?