Nous commençons ce dimanche le temps ordinaire. Je sais que dans l’esprit de beaucoup cela signifie qu’une fois les fêtes de Noël, de l’Épiphanie et du Baptême du Seigneur passées on retombe dans le train-train des messes dominicales ! C’est une tentation, je le concède et nous y sommes tous confrontés.

Eh bien il ne doit pas en être ainsi et je fais une proposition ce matin autant pour vous que pour moi : « vivons le temps ordinaire d’une manière extraordinaire. Il faudrait que nous soyons capables de nous émerveiller devant les textes que la liturgie offre à notre méditation, même si parfois ils sont un peu difficiles à comprendre. Si nous prenions par exemple la résolution de ne pas venir à la messe du dimanche sans avoir au préalable lu les trois textes, sans oublier le psaume bien sûr !

Pour bien débuter ce temps liturgique que nous offre l’Église, je vous propose de faire de cette semaine de l’unité des chrétiens un temps de conversion personnelle.

 Les divisions entre les hommes sont intolérables, et faisons confiance aux politiciens de tous bords pour les entretenir.  Mais entre chrétiens les divisions sont un scandale dont nous portons tous la responsabilité ! Est-ce que par exemple dans nos attitudes, dans nos comportements, dans nos réflexions sur les autres confessions chrétiennes il ne nous est jamais arrivé de tenir des propos désobligeants pour ne par dire plus. N’avons-nous jamais brocardé les Pentecôtistes, les Adventistes, les Luthériens, les Orthodoxes. Si nous savons nous écouter, nous respecter nous pouvons nous aider mutuellement à avancer sur le chemin de la conversion. Nous avons tous à apprendre les uns des autres. Une petite anecdote pour illustrer mon propos !

J’ai une amie très proche, pasteure de l’église réformée. Elle vit en Suisse. Il y a quelques années, je venais d’être ordonné prêtre, je suis allé passer quelques jours de vacances chez elle. J’avoue que je n’avais pas trop l’habitude du « benedicite » avant le repas. Je me suis donc mis à table le midi, j’ai déplié ma serviette et j’attendais poliment qu’elle se serve… me voyant prêt à attaquer l’entrée, elle me dit avec sa franchise habituelle : « Tu te mets à table comme un païen maintenant ! »

 Je n’ai pas pris cette remarque à la légère ! Cette réflexion amicale m’a fait prendre conscience que catholiques nous n’avons pas le monopole de la piété comme hélas on l’entend très souvent.  Nos frères des autres confessions peuvent être pour nous des modèles à imiter sur la voie du salut. Et du témoignage.

 Tout à l’heure après le chant du Notre Père je dirai cette prière que vous avez l’habitude d’entendre à chaque Eucharistie, elle a été enrichie pour cette semaine de l’unité. Je vous la lis dès maintenant pour que vous y soyez attentifs

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » ;

Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église ;

Pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix, mets un terme à notre division et conduis-nous vers l’unité parfaite.

Donne ta paix aux Églises orientales, aux Églises orthodoxes et à leurs Patriarches.

Donne ta paix aux Églises de la Réforme, à la Communion anglicane, aux Églises évangéliques, aux Églises pentecôtistes, à toutes les assemblées chrétiennes qui invoquent ton nom et à leurs responsables.

Donne ta paix aussi au peuple juif qui a reçu les alliances et les promesses au peuple dont tu es issu. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. »

Vous savez, ceux qui persécutent les chrétiens à travers le monde ne font pas la différence entre nos diverses confessions. Nous sommes chrétiens, nous, croyants au Christ mort et ressuscité. Pour les persécuteurs cela suffit.

Les martyrs chrétiens ne sont pas uniquement catholiques. En 2025, vous l’avez appris comme moi par les médias, il y a eu dans le monde      388 millions de chrétiens persécutés en raison de leur foi. Sur les 4712 chrétiens détenus pour leur foi, 2200 le sont en Inde pays dont sont originaires nos sœurs Franciscaines Servantes de Marie dont la maison mère est à Blois.

 Les projecteurs de l’actualité sont braqués sur l’Iran. Eh bien il faut savoir qu’un musulman Iranien qui se convertit au christianisme est condamnée à mort par pendaison et pour une femme qui se convertit, elle est violée avant d’être pendue. J’ai accompagné et baptisé un couple iranien qui a réussi à fuir juste avant son arrestation.

Frères et sœurs, cette semaine soyons comme les statisticiens, ne faisons pas de différence lorsque nous porterons nos frères chrétiens dans notre prière.