Le 15 août est pour les catholiques la grande fête de l’été ! Ne la sacrifions
pas pour des intérêts économiques ! Louis XIII a consacré le royaume de France à
Marie. Même la période révolutionnaire n’a pas réussi à éradiquer dans le cœur des
Français cette fête alors gageons que cette fois encore les coups de boutoirs pour
supprimer ce jour férié ne réussiront pas à l’éliminer !
Nous fêtons Marie montée au ciel avec son corps. L’Eglise en a fait un
dogme, c’est-à-dire une vérité qu’il faut croire. Marie nous précède dans la vie où son
Fils Jésus l’a entraînée après lui. Elle méritait bien cela. En célébrant et honorant la
Mère, nous adorons le Père, le Fils et l’Esprit. Voilà me semble-t-il le sens de cette
fête traditionnelle du milieu de l’été.
« Si Marie, qui est l’arbre de vie, est bien cultivée en votre âme, écrivait le
Père de Montfort dans son traité de la vraie dévotion, elle portera son fruit en son
temps et son fruit n’est autre que Jésus-Christ ». Dans notre dévotion à Marie ne
nous trompons pas. C’est vers Jésus qu’elle oriente nos regards et non vers elle.
« Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant
tressaillit en elle. » Longtemps, les sceptiques n’ont vu dans ce passage de Luc
qu’une allégorie, une histoire symbolique, une sorte de parabole. Certains même se
sont moqués, et se moquent encore. Même parmi les chrétiens ! Or, les mamans qui
ont porté en elles le fruit de leur amour, savent bien que le petit être vivant dont
l’échographie permet aujourd’hui de suivre l’évolution est capable de « communion »
avec sa mère et son milieu environnant.
Jamais autant qu’aujourd’hui nous n’avons été aussi attentifs à la vie intra-
utérine du bébé et c’est tant mieux… On sait maintenant que la manière dont le futur
petit de l’homme et de la femme est attendu, aimé avant même qu’il montre le bout
de son nez, va conditionner son développement physique, psychique, affectif.
Françoise Dolto a été dans ce domaine une pionnière, une initiatrice remarquable.
L’enfant, dans le sein de sa mère, partage les sentiments de sa mère.
Alors rien d’étonnant que Jean-Baptiste qui en était à son sixième mois dans
le sein d’Elisabeth ait manifesté sa joie à l’approche de Jésus qui lui en était à
quelques jours seulement ! Elisabeth exultait en ouvrant sa porte à Marie. Marie
exultait de joie comme elle va le chanter dans le Magnificat. Alors quoi de plus
naturel que l’enfant lui-même se mette à manifester ce qu’il perçoit de la joie de sa
mère. Je pense que l’on peut affirmer que l’Esprit Saint a enveloppé les deux
cousines d’un même amour. Tout ce qui se passe entre elles deux est le fruit de
l’amour de Dieu dont elles sont toutes les servantes. Elisabeth est reconnaissante
pour les merveilles que Dieu vient d’accomplir en elle, la stérile qui n’avait plus
humainement d’espoir d’avoir un enfant. Marie la jeune Vierge qui n’avait pas encore
habité avec Joseph son époux déborde de gratitude pour ce Dieu qu’elle veut servir
de tout son être.
Mais il y a un autre point que je voudrais souligner ce matin, c’est la rencontre
de deux femmes héritières d’une longue tradition des femmes de l’Ancien Testament.
Sarah, Rébecca, Déborah, Judith pour ne citer que celles qui ont été des exemples
de fidélité à Dieu et à son peuple. Ces femmes dont la Bible parle et dont on
commence seulement à découvrir qu’elles ont eu un rôle et pas des moindres dans
la vie du peuple élu. Marie est de cette race-là. Elle est celle qui permet à l’Ancien
Testament de s’accomplir. Elle n’en tire aucun orgueil. Comment le pourrait-elle ?
Elle laisse Dieu agir en elle pour que l’humanité tout entière se détourne du néant
vers lequel elle est attirée. Elle laisse Dieu devenir homme en elle pour que cette
même humanité se laisse envelopper par l’Amour créateur de Dieu. En a-t-elle
conscience ? Oui et non ! Elle sait que rien n’est impossible à Dieu. Elle sait que seul
Dieu agit. La Parole de Dieu est créatrice. Cela elle n’en a jamais douté. Elle peut
donc chanter : « Toutes les générations me diront bienheureuse »
Alors quels enseignements pour nous qui fêtons ce matin dans cette église de
Chambord Marie en son Assomption ? D’abord n’essayons pas d’imiter Marie. Elle
est unique. Elle est inimitable. Elle seule est la mère du Sauveur. Elle seule a conçu
sans péché. Elle seule est demeurée vierge après avoir enfanté Jésus.
Mais si elle est montée auprès de son Fils dans la gloire du ciel avec son
corps c’est pour nous attirer vers son Fils. Laissons-nous donc attirer. C’est auprès
de Jésus que nous sommes attendus. Elle nous montre le chemin comme nous le
chantons dans un cantique « La première en chemin Marie nous entraîne »
Frères et sœurs n’hésitons pas à accueillir Marie chez nous, elle est notre
Mère, comme elle est la Mère de l’Eglise. C’est elle le chemin le plus sûr qui conduit
vers le Père en passant par le Fils. Et cela, l’Esprit Saint nous le murmure dans le
silence de nos cœurs.
L’entendrons-nous ce matin ?