« En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, Père de David, un rejeton jaillira de ses racines »
Je ne sais si comme moi vous aimez faire de la généalogie pour retrouver vos racines, mais je trouve passionnant de savoir d’où je viens, quelles sont mes racines. Qui étaient mes ancêtres jusqu’à la dixième, quinzième et voire-même, vingt cinquième génération. Je suis même remonté jusqu’à la 32ème sur une branche…mais ce n’est pas la racine de l’arbre puisque c’est du côté maternel ! Et bien dans la Bible on a ce goût pour la généalogie ! Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament on trouve des généalogies. Jésus est Fils de Dieu certes, mais dans la pâte humaine où il s’insère il s’inscrit dans une histoire, avec des grands parents, des arrières grands parents et on peut ainsi remonter jusqu’à David.
Jessé, le père de David, est ce personnage biblique que le prophète Samuel fait sortir de l’ombre en lui réclamant à voir ses fils pour trouver chez lui un roi ? Vous connaissez l’histoire, pas besoin de s’y attarder, Samuel fait défiler les sept rejetons de Jessé les uns après les autres. Ce n’est sur aucun de ceux présentés par le père de famille que Dieu qui ne juge pas sur l’apparence a fait son choix. Dieu choisit David, le dernier de la fratrie, un petit rouquin aux beaux yeux qui deviendra par la grâce de l’onction avec l’huile sainte, répandue par prophète, le grand roi d’Israël !
Ensuite un autre prophète, Nathan fera, lui aussi, une promesse à David. Mais n’anticipons pas ! Méditons ce matin sur ce texte d’Isaïe qui nous ouvre sur la promesse de l’avènement d’un roi-messie sur qui reposera « l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du seigneur- qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence, il ne se prononcera pas sur les rumeurs.
Sur ce rejeton qui vient de la racine Jessé repose donc la plénitude de l’esprit du seigneur et comme vous l’avez très certainement remarqué, vous avez repéré qu’il y a sept dons de l’Esprit de Dieu.
Dans la Bible ce chiffre sept marque la plénitude, autrement dit c’est tout l’Esprit de Dieu qui sera sur lui. « Dieu et son Fils c’est tout Un » ! Sans sombrer dans la numérologie, on peut remarquer que le chiffre sept n’est pas anodin ! Il y a les sept plaies du Christ, les sept paroles de Jésus en croix, les sept demandes du Notre Père, les sept sacrements, etc…
Ce sont sept dons que nous retrouverons à la Pentecôte sur les Apôtres et ce sont bien évidemment ces sept dons qui desendent sur celui ou celle qui reçoit le sacrement de confirmation. Donc ce passage d’Isaïe ne doit pas être négligé. Il nous faut le garder en mémoire, le méditer et laisser l’esprit du Seigneur nous remplir de ses sept dons pour accueillir avec un esprit éclairé « tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints, Tout ce qui a été écrit l’a été pour nous instruire afin que nous ayons l’espérance » nous dit saint Paul dans la lettre aux Romains.
Pour être chrétien, il ne suffit pas venir à la messe le dimanche ! Un chrétien qui veut vivre pleinement son baptême se laisse transformer par la Parole de Dieu. Une Parole lue régulièrement, une Parole étudiée, puis méditée, priée et enfin tout naturellement si je puis dire annoncée.
La Parole de Dieu est un véritable trésor et c’est elle qui nourrit notre espérance et nous aide à « nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous a accueilli ». C’est facile d’accueillir ceux qui pensent comme nous, ceux qui partagent nos opinions, nos conceptions du monde, de la politique, de la société. Et dans l’Eglise, dans notre Eglise diocésaine ? En forçant volontairement le trait, Il y a les partisans et les opposants de la soutane. Ceux qui voudraient un peu ou beaucoup plus de latin à la messe et ceux qui ne veulent pas en entendre un seul mot. Et nous pourrions faire une liste longue comme le bras de tous les sujets de divisions au sein de nos communautés chrétiennes. Et je ne parle pas de la tête du curé et de ses manières d’agir qui sont également source de division…
Il est donc urgent de revenir aux fondements de notre foi commune, de méditer cette parole de l’épitre aux Romains pour nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous a accueilli si nous ne voulons pas entendre saint Jean Baptiste nous dire « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de conversion ! »
C’est sur cette parole rude et revigorante que je vous laisse ce matin en vous invitant à revenir la semaine prochaine pour continuer ensemble notre chemin de conversion dans l’attente de Celui qui vient pour nous sauver