Chambord 2026

Nous venons d’entendre dans la proclamation de l’Evangile, une parabole, et comme toutes les paraboles Jésus nous la donne pour expliquer quelque chose d’important, de fondamental. Alors pour bien saisir le sens profond de cet enseignement important de Jésus, il faut  « gratter » un peu pour voir ce qui se cache derrière cette image des  « vierges folles et des vierges sages » ou des prévoyantes et des insensées selon les traductions.

            Je comprends très bien que précisément vous ne la compreniez pas à la première lecture  !  C’est une parabole donc il faut la méditer comme tel. Si c’était une histoire vraie, l’attitude de l’époux serait odieuse et choquante. Il invite et ferme la porte au nez de quelques jeunes femmes insouciantes ! Or Jésus ne veut exclure personne de la table des noces,  bien au contraire il souhaite, il veut accueillir plein, plein de monde dans son Royaume de Lumière, de Paix et de Joie.

            Question : Jésus est accueillant dites-vous mais est-ce vraiment être accueillant que de dire à celles qui n’ont pas assez d’huile et qui reviennent après être allé en chercher qu’il ne les connaît pas quand elles frappent à la porte ? Est-ce que Jésus rejette systématiquement ceux qui ont été insouciants ?

 Cette parabole nous parle de la vie éternelle, c’est-à-dire de la vie que nous sommes invités à partager dès ici-bas et que nous partagerons en plénitude avec Jésus et avec tous ceux qui l’ont suivi sur cette terre qui pour beaucoup est un lieu de galère. Car voyez-vous la vie éternelle ne commencera pas au moment notre mort ! Elle a commencé dès nos premiers pas sur cette terre. Dès notre conception…

 La vie éternelle c’est une vie de tendresse, de partage, de fraternité. Dans notre vocabulaire chrétien on appelle cela la charité. Ou, si vous préférez, il s’agit de l’Amour. Dieu est Amour, il est source de l’Amour. Vous savez que lorsque nous serons avec Dieu dans le ciel nous n’aurons plus besoin de la Foi puisque nous verrons Dieu tel qu’il est, nous n’aurons plus besoin de l’’espérance puisque nous serons pour toujours avec lui, mais nous aurons toujours à vivre de la Charité. Et cela ne sera pas un fardeau bien au contraire, ce sera la béatitude !

Comment peut-on prétendre vivre avec lui dans l’éternité et partager son Amour si volontairement, aujourd’hui alors que nous cheminons sur la terre, nous refusons l’Amour de Dieu et nous vivons égoïstement pour nous-mêmes sans partager avec les autres ?

Question : Lorsque les prévoyantes refusent de donner de leur huile en expliquant que jamais cela ne suffira pour tout le monde, cela fait réfléchir à propos de la signification du partage : partager le superflu ou partager le nécessaire, ce n’est pas la même chose ! Et puis les insouciantes n’avaient peut-être pas les moyens d’acheter de l’huile ?

Si on oublie qu’il s’agit d’une parabole effectivement, je suis bien d’accord avec vous, les vierges dites prévoyantes sont de sales petites égoïstes ! Mais ce n’est pas cela dont il s’agit. Cette histoire racontée par Jésus veut nous faire comprendre qu’il ne s’agit pas de bien commencer à le suivre.  Il faut durer ! Dans notre marche vers le Royaume de Dieu, même quand le chemin est rude, tortueux, encombré, Il ne faut pas s’assoupir. Il faut avancer même si c’est plu lentement, mais il faut continuer, persévérer. En s’entraidant !

Question : Qu’est-ce qui nous endort et nous empêche d’écouter Dieu ?

L’argent, les biens matériels, mais aussi nos soifs de plaisirs égoïstes, nos refus de donner à celui qui a faim et pas uniquement de pain ; qui a soif et pas simplement d’eau fraîche. Mais savoir partager un sourire, un peu de son temps, savoir donner de la tendresse, de l’amour à celui qui n’a plus rien, plus de toit, plus de famille, plus de pays !

 C’est sur l’Amour que nous serons jugés dignes de participer à la vie dans le paradis de Dieu. Un cœur fermé sur la terre restera fermé à son arrivée dans le ciel. L’huile de la lampe, c’est l’Amour pour les autres. C’est cela le carburant dont il faut avoir en permanence des réserves.!

Question : Dans l’Evangile nous venons d’entendre « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » mais, c’est au- dessus de nos forces de veiller constamment ! Qu’est-ce que Jésus attend vraiment de nous ?

Le sommeil dont il est question dans cette parabole représente nos refus de Dieu, nos tiédeurs, nos indifférences. Certains passent des semaines, des mois, des années sans penser une seule seconde à Dieu quand ce n’est pas à nier son existence. Nous-même, ne le prions souvent que lorsque nous avons des reproches à lui faire, quand nous sommes frappés par un malheur. Est-ce bien de l’Amour ? Même si nous pensons que c’est difficile de prier, il n’est pas interdit de commencer à essayer…. Quand nous réduisons nos vies à « métro boulot dodo » sans laisser une petite place à Dieu nous sommes déjà sur la pente glissante du refus de l’Amour de Dieu. Quand nous ne lui laissons aucune place dans nos loisirs nous sommes en grand danger et devons d’urgence nous ressaisir. Quand nous considérons Dieu comme un distributeur automatique qui devrait nous donner ce que nous demandons quand nous le demandons…

Je crois que nous pouvons conclure cette homélie en insistant sur le fait que les jeunes filles insensées ont laissé mourir en elles le désir de Dieu. La lampe de leur cœur s’est éteinte faute d’avoir su aimer en vérité. Finalement se sont-elles qui ont fait le choix de ne pas entrer dans la salle des noces. Et pour la rencontre décisive avec Dieu, personne ne peut aimer à leur place.

Mes chers amis, ne ratez pas, ne ratons pas dès maintenant le rendez-vous de l’Amour. Ne laissons pas le désir de Dieu s’éteindre en nous.  N’oublions pas Jésus.  C’est lui le fiancé.  Veillons dans l’espérance. Aujourd’hui, demain, cette semaine et tout le reste de notre vie !

Eglise Saint-Louis - Chambord