« Ma prière n’est sûrement pas bonne puisque je n’obtiens pas ce que je demande… » que de fois j’ai entendu des chrétiens faire ce genre de réflexions pour me dire qu’il ne savait pas prier comme il faut !
Il y deux milles ans déjà, Saint Paul à la Communauté chrétienne de Rome faisait remarquer que « nous ne savions pas prier comme il faut » Nous qui sommes là ce matin à la messe dominicale dans cette église saint Louis à Chambord, nous avons sans doute envie de savoir prier comme il faut pour obtenir ce que l’on demande ! Alors, ré-écoutons l’extrait de la lettre de Paul dans la seconde lecture de ce Dimanche.
« Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut. »
Ah, voilà ce qu’il faut faire lorsque l’on prie, laisser l’Esprit Saint qui habite en nous demander ce que Dieu veut ! Chers amis, ce petit texte, je vous demande de le graver dans votre mémoire. Mettez-le en bonne place dans votre cœur. Écrivez-le à la main et mettez-le en évidence sur votre table de nuit, sur votre bureau, enfin n’importe où, pourvu qu’il soit visible et que dix fois par jour il vous saute aux yeux…pour ne jamais l’oublier. L’Esprit Saint, Esprit du Père et du Fils, ne veut que notre bonheur.
Pas un petit bonheur quelconque, pas un petit bonheur éphémère, pas un petit bonheur à l’arrière-goût amère comme ceux que nous pouvons nous procurer par nos propres moyens. Pas un petit bonheur légitime comme celui, par exemple, des retrouvailles en famille durant les vacances. Non, ces petits bonheurs nous laissent sur notre faim. Ils sont trop brefs, trop rapides, ils ont un goût de trop peu ! Je ne parle pas de ces bonheurs factices que l’on ne peut acquérir qu’avec un bon compte en banque ! Mais s’agit-il là réellement de bonheur ?
Frères et sœurs, il nous faut nous convertir et laisser l’Esprit Saint être le maître en nous. Il nous conduira vers le vrai bonheur. Il nous mènera pour notre plus grand bien à un renversement complet de notre vie. Mais que de consolations dès ici-bas, et surtout, nous avons la promesse de la Vie éternelle au bout du chemin.
La conversion chrétienne dans sa radicalité écrit le Cardinal Carlo Martini dans un ouvrage qui date un peu, paru en 1997, « Vivre l’Evangile » se traduit par un regard nouveau porté sur les choses, les événements, les situations, sur soi-même.
Cette conversion ne concerne pas seulement les efforts que nous faisons pour éradiquer telle faiblesse, telle manie peu avouable, telle mauvais penchant, tel péché. Se convertir, bien sûr, c’est désirer être guéri de toutes les blessures, de tous les traumatismes qui perturbent notre existence et nous obscurcissent l’horizon. Se convertir ce n’est pas décider et se mettre demain au pain et à l’eau. Bien que le jeûne soit certainement une pratique que nous aurions grand intérêt à redécouvrir ne serait-ce que pour conserver notre santé physique. Mais il ne s’agit pas d’être volontariste en nous enfermant sur nous même dans des résolutions que nous aurons toutes les peines du monde à tenir. Se convertir ce n’est pas ajouter quelques prières récitées à toute vitesse à la liste de celles que nous disons déjà chaque jour.
Non ! Se convertir c’est se consacrer totalement au Christ.
Pour cela, il n’est pas nécessaire de partir s’enfermer dans une Chartreuse. C’est dans l’état de vie qui est le nôtre que nous avons à faire cette conversion. Aucun état de vie n’est supérieur à un autre. Dans le mariage comme dans le célibat ou le veuvage, nous pouvons être tout au Christ. Consacrez toute sa vie au Christ ne rend pas triste. Bien au contraire. Dieu, le Père de Jésus le Christ n’est pas un rabat joie ! Il est Paix et Joie dans l’Esprit Saint.
Mais seul nous n’arriverons pas à réellement nous convertir si nous comptons sur nos propres forces. Si nous ne faisons confiance qu’à notre propre jugement, notre entreprise est vouée à l’échec. On ne se hisse pas jusqu’à Dieu à la force du poignet.
Se convertir c’est mettre nos pas dans les pas du Christ pour que toute notre vie, nos actions, nos pensées, nos sentiments, nos affections, notre amour soient conformes à l’amour du Christ. Se convertir, c’est devenir capable de dire : « Seigneur, je ne veux rien d’autre que ce que tu veux, je suis tout à Toi car tu m’as tout donné, rien de ce que je possède, ne subsistera ; Tout mes biens, ma maison, ma fortune, mes réalisations humaines si prestigieuses soient-elles disparaîtront un jour. Seul ce que je suis, subsistera en Toi pour l’éternité. Chaque jour que tu me donnes de vivre, me rapproche de Toi. Fais Seigneur que pas un jour je sois éloigné de Toi »
Pour dire cela, il n’y a que l’Esprit Saint qui puisse nous aider à le murmurer. Esprit de patience, Esprit de silence, Il est en nous. Discret, il nous façonne, il nous travaille, il nous conforme au Christ si nous nous laissons faire. Il sait ce dont nous avons besoin. Il nous le donne au moment qu’il juge le meilleur pour nous. Et même si nous avons l’impression que nous n’obtenons pas exactement ce que nous avions demandé, sachons que Dieu est plus grand que notre cœur et qu’Il sait toutes choses. Nous serons certainement surpris dans sa Lumière de découvrir que certaines de nos prières que nous avons jugées inefficaces et non exaucées ont eu plus de poids que nous le pensons sur le Cœur de Dieu ».
L’Esprit veut ce que Dieu veut. Il veut que nous soyons des vivants.
Et nous, le voulons-nous réellement ? A chacun dans le secret de son cœur d’y répondre maintenant. C’est là que Dieu aime à faire sa demeure, il nous y attend.