Ah les Béatitudes… nous ne connaissons qu’elles dans l’Evangile. Surtout la première, » Heureux les pauvres de cœurs », qu’une mauvaise interprétation populaire a parfois traduit par « heureux les pauvres d’esprit » Que d’âneries a-t-on entendu sur cette béatitude, Les détracteurs du christianisme s’en sont emparés pour essayer de discréditer l’enseignement du Christ. Quelques prédicateurs plus préoccupés par les effets de style que par l’enseignement de l’Evangile les ont rendues inaccessibles.
Ce qui fait qu’il y a chez certains chrétiens comme une sorte d’indigence devant les Béatitudes. Ils pensent- (mais peut-être en faisons-nous partie-) bien les connaître. Peut-être serions-nous capables, au moins pour les plus anciens d’entre nous, de les réciter par cœur de la même manière que quelques-unes des définitions du catéchisme de notre enfance. Les Béatitudes font partie des morceaux choisis de l’Evangile que nous avons placés sous globe, verrouillé, cadenassé. Nous les exposons à l’occasion ! Certains ont peut-être tendance à les considérer comme un code moral, une règle de vie faite pour plus tard, après le grand passage. Funeste erreur !
Elles sont une révélation de Jésus sur la vraie nature du cœur de son Père…Elles sont une règle de vie, certes, mais pour ici et maintenant.
. Peut-être estimez-vous d’ailleurs que cette litanie des « Heureux »… Les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui se font insulter… N’a rien d’un programme alléchant pour recruter des adeptes. Elles apparaissent plutôt, aux yeux du monde consumériste dans lequel nous baignons comme une sorte de charte pour doux dingues mi-maso, mi anar. Un programme pour « soixante-huitards » attardés ! Quand vous allumez votre poste de télé, ou votre radio, quand vous ouvrez votre journal, quand vous discutez avec votre entourage, quelles sont les valeurs qui ont la cote aujourd’hui. Quels sont les hommes ou les femmes qui sont dignes d’être enviés ? Ceux et celles qui gagnent bien leur vie, qui ont un solide compte en banque, des biens au soleil, Ceux et celles qui ne sont pas au chômage, qui ont une bonne assurance Ceux et celles qui sont respectés, qui sont en bonne santé Qui ne vivent pas dans les banlieues difficiles etc…Oui tous ceux-là sont heureux !
Alors les béatitudes qui proposent de faire fi de notre réputation, de notre amour propre, de tous les honneurs humains, vous voudriez que nous les prenions comme base pour construire une société ! Merci bien. On ne construit pas une société à coup de Béatitudes Tout cela est bon pour les candidats à la canonisation ! Pour les utopistes. Pas pour les gens sensés ; raisonnables…
Eh bien si nous pensons ainsi, c’est que nous ne les avons pas encore bien entendues. Il nous faut alors les traduire en langage adapté à nos oreilles sensibles d’occidentaux de l’an 2026. Prenons quelque liberté avec une rigoureuse exégèse- Heureux les pauvres de cœur donnerait quelque chose comme : » Bravo vous qui faites des efforts pour être pauvres, vous êtes sur le bon chemin pour gagner le Royaume de Dieu. » Pour entrer dans la Vie éternelle il ne faut pas s’encombrer de bagage inutile » – Continuons, Heureux les artisans de Paix donnerait quelque chose comme » Très bien vous qui essayez de réprimer toute agressivité verbale ou physique et qui refusez toute espèce de violence, continuez-vous êtes sur la bonne voie pour ressembler à votre Père des cieux » – Les Miséricordieux: » Félicitations vous qui faites des efforts pour ouvrir les portes de vos locaux paroissiaux et avez accueillis les étrangers sans papier- même si ce n’est pas facile tous les jours- c’est ainsi que vous êtes dans le droit fil de l’Evangile ». Continuez, vous qui faites des efforts pour ne pas brocarder de critiques sarcastiques vos adversaires mais qui recherchez en permanence le dialogue, vous êtes déjà les artisans d’un monde meilleur. Vous pouvez poursuivre vous-mêmes et vous verrez que les Béatitudes sont bel et bien faites pour tous. Il y a urgence à les vivre aujourd’hui !
Mais il y a autre chose qu’elles nous enseignent. C’est la proximité de Dieu.
Arrêtez-vous également un instant sur la personnalité du premier témoin de la résurrection… Marie-Madeleine : Une prostituée, repentie certes, mais ex- prostituée tout de même. Il y a des étiquettes qui vous collent à la peau jusqu’à la fin de vos jours. Ce n’est certainement pas à une telle femme que vous auriez fait confiance pour enregistrer un témoignage de cette importance. Pensez donc, même les apôtres se sont méfiés de ce qu’elle leur a rapporté !
Eh bien, ces premiers témoins du Christ, ont été chargés de faire connaître au monde la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Ils n’étaient pourtant ni de haute naissance, ni de race supérieure, ni savants, ni surdoués. Mais c’est précisément pour cela qu’ils ont été capables d’entendre, de comprendre et de vivre les Béatitudes.
Frères et sœurs, chers amis, les Béatitudes c’est le portrait robot de Jésus lui-même. Efforçons-nous de lui ressembler !