Pour comprendre la première lecture de ce 3ème dimanche du temps ordinaire de l’année A, il nous faut aller faire un petit tour au chapitre 46 du livre de la Genèse. On y découvre les noms des fils de Jacob parmi lesquels Zabulon et Nephtali…qui ont donné leur nom aux territoires que se sont partagés les fils du patriarche.  Zabulon et Nephtali sont situés dans le nord de la Palestine autour de la mer de Galilée. Ces deux tribus font partie des dix qui constituent le royaume israélite du nord suite à la scission d’Israël en deux nations. Zabulon et Nephtali font aussi partie de la région que les Assyriens ont annexée en 732 avant J-C

            Les guerres, les rivalités, mais aussi les compromissions avec le monde païen qui y circule et qui les entoure en font pour les Juifs restés fidèles à la tradition des gens peu fréquentables !

            Eh bien c’est précisément chez ces gens-là que Jésus va commencer son ministère ! Qu’a-t-il fait durant les trente ans de vie cachée à Nazareth ? Nous n’en savons rien ! On peut penser qu’après son escapade à douze ans au Temple de Jérusalem, il est resté sagement entre Marie et Joseph, apprenant le métier de ce dernier. Trente dans une petite ville de province, cela forge un caractère ! On l’appellera le Nazaréen…Que se passe-t-il dans cette bourgade, rien d’après les Pharisiens de Jérusalem, d’ailleurs que peut-il sortir de bon de Nazareth ? Voilà l’opinion de ce que l’on appellerait aujourd’hui « la bien-pensance »

            Jésus le Nazaréen, tout de suite après l’arrestation de Jean le Baptiste va directement aller dans cette région dont nous parle Isaïe dans la première lecture.  Elle n’a certes pas le même profil que sa ville d’adolescent et de jeune homme. Il va donc résolument porter la Bonne Nouvelle du salut dans ce « pays de l’ombre et de la mort ».

 Il vient lui, la Lumière, chasser l’obscurité, dissiper les ténèbres en annonçant à qui veut bien l’écouter que Dieu ne fait acception de personne. Dieu regarde les cœurs et non l’apparence. Souvenons-nous, il dira dans sa prédication plus tard, « les prostituées et les pécheurs vous précéderont dans le paradis » non parce qu’ils sont pécheurs et prostituées mais parce qu’ils se sont convertis en entendant Jésus enseigner avec autorité et non comme les scribes et les pharisiens.

Dieu ne juge pas d’après nos critères humains. C’est si vrai que pour s’entourer de collaborateurs, Jésus ne va pas chercher les docteurs de la Loi Juive, ni de scribes ni savants. Il fait appel à douze hommes tous bien typés, tous différents, tous avec un passé tel qu’aucun recruteur n’aurait misé un kopeck sur chacun d’eux ! Simon, un patron pécheur qui deviendra le chef de l’Église, André son frère, qui est pécheur lui aussi, mais moins fougueux que son frère, plus réservé, peut-être un grand timide, puis un collecteur d’impôts à la solde de l’occupant romain et ainsi de suite il y a même un terroriste d’après les romains Simon le zélote. C’est avec ces hommes-là que Jésus va fonder cette communauté qui aujourd’hui compte plus d’un milliard 500 millions de chrétiens, de croyants qui porte le nom de Jésus le Christ à travers le monde…

Et n’oublions pas Saul devenu Paul après sa conversion. Ce grand persécuteur avait l’ambition de tuer dans l’œuf la petite communauté chrétienne naissante. Il deviendra ce grand Apôtre et ce propagateur infatigable de la Foi en Jésus mort et ressuscité qui l’a terrassé par Amour sur le chemin de Damas.

Alors en nous retrouvant ce matin dans cette église saint Louis du domaine de Chambord que peuvent nous inspirer ces lectures offertes par la liturgie pour nous aider sur le chemin de la conversion ? Plusieurs choses mais n’en retenons pour ce dimanche que deux, d’abord me semble-t-il, Dieu n’attend pas que nous soyons tous diplômés en Théologie pour annoncer l’Évangile… Il nous demande tout simplement de répondre sincèrement et avec enthousiasme à son appel à la suivre. Il nous demande d’ouvrir notre cœur et de la laisser y répandre son Amour infini.

Et puis, si vous avez bien écouté la seconde lecture, l’extrait de la lettre de saint Paul, il nous ait également demandé de cesser nos divisions. Elles nuisent à notre croissance spirituelle. Elles sont également un fléau pour le témoignage que nous devons porter de la Bonne Nouvelle du Salut ! Alors, avec ou sans soutane, avec ou sans col romain, en célébrant en français ou en latin, l’essentiel est d’annoncer au monde Jésus Christ. Pour que le monde en nous voyant puisse dire « voyez comme ils s’aiment »