Un peu d’histoire si vous me le permettez. C’est à un évêque français, François de Laval, missionnaire au Canada, que l’on doit cette dévotion à la famille de Jésus, Marie et Joseph. Voici ce qu’il écrivait en 1665 : “Nous n’avons pas estimé pouvoir faire choix d’un moyen plus efficace pour le salut et la sanctification de toute sorte de personnes, que de leur imprimer vivement dans le cœur un amour véritable et une dévotion spéciale tant envers la très sainte et très sacrée Famille de Jésus, Marie et Joseph” Ensuite, en 1893, le Pape Léon XIII décrète la célébration d’une fête de la Sainte Famille, et lui donne un office spécifique

Puis le pape Pie XI en 1920 étend la fête à toute l’Eglise. Enfin en 1969, après le concile Vatican II, l’Eglise fixe une nouvelle date de célébration : le dimanche suivant la fête de Noël.

Pour terminer ce rapide survol, de la dévotion à la Sainte Famille, le pape François a invité la prendre pour modèle dans son exhortation Amoris Laetitia : “Sainte Famille de Nazareth, fais aussi de nos familles un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile et de petites Églises domestiques.”

Personnellement, il me semble urgent de bien la solenniser après la belle fête de la Nativité.! Surtout aujourd’hui où la famille est attaquée jusque dans ses fondements par des idéologies délirantes. Rappelons-leur sereinement sans haine mais fermement que la famille c’est un père et une mère. Refusons le « parent un et parent deux » !

Que savons-nous sur la sainte Famille ? A vrai dire, peu de choses. Uniquement ce que nous rapporte l’Évangile. Mais c’est suffisant pour que nous les prenions pour modèle.

On sait que l’Enfant Jésus est né lors d’un voyage à Bethléem. Joseph, son père aux yeux de l’état civil, s’est soumis à un décret de César. Il vient se faire recenser dans son village de naissance. Marie, son épouse, est enceinte. On ne nous dit pas si les trépidations d’un voyage à dos d’âne ou de mulet ont précipité l’accouchement. On nous dit simplement qu’ils n’ont pas trouvé de place à l’auberge et qu’ils ont dû se réfugier dans une étable pour éviter que l’Enfant Jésus naisse à la belle étoile… Mais il est né sous une bonne Etoile puisque nous dit-on on les mages furent guidés par elle jusqu’à la grotte de Bethleem. On nous dit aussi que ces mages commirent bien involontairement la maladresse d’aller se renseigner auprès d’Hérode pour savoir où était né l’Enfant. .

Retenons que cet Hérode est un triste sire ! C’est un despote sanguinaire assoiffé de pouvoir qui n’hésitera pas à faire assassiner son propre fils qu’il considérait comme une menace pour son trône ! Alors pensez donc, un enfant qui s’annonce comme un prétendant potentiel à la couronne, voilà un problème qui doit être réglé rapidement et efficacement.

Joseph est averti en songe par Dieu. Il va donc fuir en Egypte avec l’Enfant Jésus et sa mère. Combien de temps ? Nous n’en savons rien. On sait seulement qu’à douze ans, Jésus lors du pèlerinage annuel avec ses parents fera une fugue. Il sera retrouvé dans le Temple de Jérusalem trois jours plus tard. Laissant Marie et Joseph interloqués par sa réponse : « Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? Mis à part cette escapade, le reste de ses trente années de vie à Nazareth sont passées sous silence. Bien malin qui en dira davantage sur la Sainte Famille !

Aujourd’hui l’Enfant Jésus est encore traqué, pourchassé chaque fois qu’un enfant est expulsé, obligé de se réfugier et de mener une vie d’errance parce qu’il est une menace pour le confort des nantis. L’actualité est remplie de faits divers qui ne font même plus un entrefilet dans la presse…

   Jésus ne nous dit-il pas dans l’Evangile : « Tout ce que vous aurez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait »

            Les Évangélistes, ne sont ni des historiens, ni des romanciers, ni des sociologues, encore moins des journalistes de la presse people ! Ils ne recherchent pas le sensationnel mais l’essentiel : « Jésus est Fils de Dieu ». Il est Dieu venu dans notre humanité, il est venu dans une famille. Il a un père, Joseph, une mère Marie.

            Et c’est le second point qui doit retenir notre attention. Nous fêtons la Sainte Famille. L’Eglise nous la donne en modèle. Modèle d’unité, modèle de stabilité, modèle d’amour de chacun des membres les uns pour les autres.

            C’est sur ces trois modèles qu’il nous faut braquer les projecteurs. Non pour donner aux autres des leçons de morale familiale. Mais tout simplement pour renforcer dans chacune de nos familles ces aspects indispensables à un bon équilibre de la vie familiale.

            Une famille, c’est un père et une mère. Un homme et une femme. Complémentaires à tous points de vue. Il y a une manière masculine et une manière féminine d’appréhender la vie. Qui s’en plaindrait ? C’est ce qui fait toute la richesse et toute la beauté de la vie conjugale quand elle est vécue dans le respect, le dialogue, l’amour mutuel. La femme n’est pas supérieure à son mari et le mari n’est pas supérieur sa femme.

            Enfin notre rôle de parents est d’éduquer nos enfants sans leur casser les oreilles !  Les éduquer : « ex ducere » en latin c’est-à-dire littéralement les conduire vers… la vie adulte où ils doivent à leur tour prendre leur place dans la chaîne humaine des adultes qui gèrent le monde.

 Pour nous aider, dans notre manière de faire, regardons Marie et Joseph

            Parents, enfants, essayons de vivre l’Evangile. Méditons ces textes que la liturgie nous offre aujourd’hui et voyons comment, chacun pour notre part, nous pouvons grandir dans l’unité, la stabilité et l’amour familial